mardi 15 mai 2007

No pasaran !

Tigre de Tasmanie

Un petit mot quand meme sur l’Australie, sa faune, sa flore et ses autochtones parce que j’etais aujourd’hui au Museum d’histoire naturelle de Sydney pour mon seul jour de repos de la semaine. Outre une expo photo temporaire allechante sur les paysages australiens vus par les photographes du National Geographic, j’ai vu un echantillon assez sympathique de bestioles empaillees ou naturalisees, du cafard inoffensif de 8 cms a l’araignee-tueuse de la region de Sydney en passant par l’autruche, l’ornithorinque, le tigre de tasmanie (definitivement eteint en 1936, date de son entree sur la liste des especes protegees. Sic.), le croco-roi des animaux et un petit specimen de gigantosaurus, proche cousin du T-Rex, un brin plus gros et plus long, soit le plus gros predateur ayant jamais existe sur la terre ferme. Dans une salle adjacente se trouvait une expo assez documentee sur le peuple aborigene, premier habitant du sol australien qui, soit dit en passant, a developpe une forme d’expression artistique et une cosmologie propres (balaise pour une race inferieure !). A ce moment precis, je me pose la question de la pertinence de la scenographie museale. Est-ce l’ironie du sort ou celle des museologues qui a place cote a cote une restrospective sur un peuple extermine, aculture et integre de force et des specimens empailles, menaces ou disparus a jamais par la faute des hommes ou non (tout de meme, soyons justes, faute de preuves scientifiques plausibles, nous n’imputerons pas a l’homme la disparition des dinosaures)? Ou alors peut-etre que ce n’est que justice que de rendre hommage (posthume ?) a un des plus vieux peuples animistes de la terre qui a vecut pendant des milliers d’annees sur un des territoires les plus arides et inhospitaliers du globe.
Apres mon bref passage au Quebec, un parallele avec la condition des amerindiens s’impose. Autre continent, meme combat. S’il est certain que le devoir de memoire s’impose, quelles formes doit-il prendre ? Comment traiter respectueusement un des sujets les plus oublies de l’histoire occidentale moderne, le massacre de races entieres dites inferieures ou non-civilisees ?
A l’heure du village planetaire et de l’uniformisation des moeurs, la question de la culture me parait plus que jamais brulante. Culture occidentale contre le reste du monde, culture unidirectionnelle, formatee, culture francaise contre culture americaine, culture moderne contre cultures archaiques. Quelle est la prochaine etape apres l’eradication de la difference ? Quel sera l’interet de voyager dans 10 ans quand on trouvera a Bali la meme bouffe liophylisee qu’a Damas ou qu’a Rio, quand on entendra sur toutes les chaines de radio la meme pop formatee, quand on ne saura plus dire si les femmes italiennes sont plus belles que les argentines parce que toutes les femmes du monde seront blondes et siliconees ?
Avec toute la mesure dont je suis capable, j’emets aujourd’hui un petit bulletin d’alerte et un grand appel a la difference. Parce qu’il est trop tard pour sauver les aborigenes qui sont reduits a l’etat semi-sauvage, pour le coup, de mendicite et d’extreme pauvrete, parce qu’il est trop tard pour sauver les amerindiens qui crevent a petit feu dans les reserves canadiennes a grand coup de detaxation de l’alcool et de la cigarette, parce que la France a une grande et belle culture, sauvons-nous du naufrage culturel, mangeons des fromages qui puent et des saucissons d’outre-tombe, arborons fierement nos petits seins ou nos rondeurs, encourageons la creation artistique et laissons-nous surprendre par la difference venue d’ailleurs.

Amen.

9 commentaires:

Anonyme a dit…

Perso, je suis contre toute sauvegarde culturelle.
Vive la mondialisation.
Tout n'est qu'évolution, des cultures disparaissent au profit d'autres, et ce que l'on croit être un amalgame uniforme regorge de nouvelles niches culturelles que notre mélancolie passéïste nous fait ignorer.
Je vois le monde de demain comme une gigantesque ville où les futurs explorateurs devront être encore plus audacieux que leurs prédécesseurs, car les contrées inexplorées n'auront cette fois pas été déterminées par une limite mais se dissimuleront partout, au détour de chaque rue, de chaque passage ignoré des néophytes.
Rappelle toi le cinéma de l'impasse Polycarpe.
La culture de la différence ? Pour l'instant, je ne vois pas à quoi elle mène. Mais je ne connais peut être pas assez la différence, pour avoir très peu voyagé, pour pouvoir véritablement en juger. Je suis en fait résolument optimiste et reste convaincu qu'une harmonisation mondiale se fera dans une dynamique positive.
sinon, c'est ornithorynque. Le "y" contribue à la laideur de cet animal immonde.
Par contre, si tu croises des koala... Je connais rien de plus mignon.

Anonyme a dit…

Je sais que c'est illégale, mais c'est pour la bonne cause; que ceux qui peuvent téléchargent "Jesus Camp".
Essayez de le regarder jusqu'au bout sans vomir de rage. Vous verrez que le danger ne vient pas des "barbus".

faurel a dit…

Tant que certaines cultures se sentiront supérieures à d´autres, aucune mondialisation ne pourra se faire dans l´harmonie.
Cultiver la différence: oui, tant que ca ne se transforme pas en chauvinisme! La frontière est mince entre la défense de sa culture et le rejet des autres.
Découvrir, comprendre et accepter la différence, c´est ce qui me semble le plus important.

Peace

Anonyme a dit…

Pourquoi vouloir une uniformisation culturelle? Je trouve ça d'une tristesse que le monde ait une seule culture!
Quel serait l'intérêt de voyager dans un pareil monde?

Anonyme a dit…

Pourquoi une uniformisation ? En ce moment je réflechis sur le problème suivant, Peut-on objectivement qualifier la valeur d'une culture par rapport à une autre ?
Le sujet est sorti au bac 2007, sur cette formulation; peut on objectivement juger de la valeur d'une culture?
Je vous épargne tout le cheminement de la pensée, que vous aurez de toute manière fait de manière rapide; la subjectivité de toute culture empeche tout jugement objectif. Ce qui revient à dire qu'il n'y a pas de vérité morale, puique tout morale est soumise à un point de vue injustifiable. Dès lors, le monde se scinde entre proselytisme et introversion. Je vous passe aussi l'analyse systématique de la situation, mais en gros, tant qu'il n'y aura pas d'harmonisation globale, le monde est condamné à s'entredechirer. La passivité des "tolérants" profite aux "intolérents", de quelque bord qu'ils soient, et l'on devient intolérant malgré soit, à partir du moment où l'on considère que son point de vue est juste, et qu'on cherche à l'imposer à l'autre (je dis pas que c'est illégitime). Pour l'instant, le seul point commun reliant l'humanité, c'est le commerce, le profit, le pognon. Ma foi, s'il faut en passer par là pour qu'ils accèdent ensuite à autre chose, pourquoi pas ?
Je ne crois pas, enfin, à la tristesse d'un monde harmonisé. Harmonisé veut pas dire sans mémoire. Certains, par exemple, sont tristes de ne pas avoir de nouveaux continents à découvrir, de nouveaux rochers à baptiser. C'est le comble du matérialisme. La mémoire permet le voyage; nous vivons la mort d'une organisation spécifique, acceptons cette transition et transformont la en une action positive plutôt qu'en conflit planétaire. Peut on dire que les favelas sont une marque culturelle à préserver ? Non ? pourtant elles inspirent des milliers de poesies spécifiques, une codification sociale, des films, des chants, un esprit de cohésion interne, etc...
Encore une fois, regardez Jesus Camp. Et ensuite on verra s'il est judicieux de preserver l'exception culturelle. Perso je suis prêt à sacrifier tous les saucissons d'âne de Corse, et le fromage au lait cru, si cela permet d'arreter ces actions immondes. (et ceux qui me connaissent savent ce que ça me coute..)

faurel a dit…

Pour continuer dans les slogans clichés: ne soit pas triste Estelle, c´est le cours du monde et de la vie d´évoluer.
Je ne dis pas que l´évolution actuelle me plaise, et je suis une fervante défenseu(se)(pour tous ceux qui ne supportent pas le côté machiste de notre langue) de mon beau pays. Je lutte quotidiennement contre un max de clichés.
Je suis d´accord: il ne faut pas que nous - ni personne - renoncions à notre culture, mais la défendre farouchement contre tout envahisseur n´est pas la solution non plus.
C´est comme ca qu´on peut se permettre de dire que nous sommes mieux que d´autres, et que d´autres peuvent décider de nous éradiquer sous prétexte que nous sommes vraiment 'out' avec notre sauvegarde de la bonne bouffe à l´ère des petites gellules vitaminées et des plats-micro-onde!
Et ceux qui me connaissent savent que j´aime la bonne bouffe ;-)

Anonyme a dit…

je suis contente d'entendre une jeune tenir ce genre de propos, je suis en parfaite harmonie avec ce que tu développes au sujet de la culture de la différence. Je me bats (seule avec moi même amis c'est mieux que rien !), sur cette idée. Regarde le phénomène au niveau modeste de nos villages, moi qui découvre ceux -ci en vélo, j'ai le temps de voir...
Toutes nos places de villages deviennent identiques, toutes la même architecture, tout y est niquel ! où sont nos centres d'antan, avec chacun leur charme, leur âme ...et pourtant, il y a du bon (parait-il) dans tout ça
bon, je m'arrête il y en aurait tant à dire.
Ne vous m'éprenez pas, je ne suis pas du tout rétrograde, mais j'ai peur moi aussi de cette unité.
Cette unité que l'on croit "modèle" et qu'on veut imposer aux autres malgré eux

Anonyme a dit…

je n'écris pas très bien et trop vite du coup je fais des fautes de frappes et dans mon commentaire précédent, il y a un mot pour un autre qui donne aucun sens à ma phrase (j'ai écris : seule avec moi même AMIS au lieu de MAIS) pourtant tu sais que pour moi le mot amis est fort, ça ne doit pas être anodin finalement
bisou à toi et bonne continuation

Anonyme a dit…

dis donc tant de debat en effet...
je vais me repeter mais ne soyons pas dans un "pour ou contre" qui donnerai un monde manichéen franchement pas drôle : la fluctuation de limite entre deux positionnements, c'est ca le dynamisme de la pensée, le conflit intellectuel; c est la vie!!!
en ce qui concerne ce debat -pour ou contre la mondialisation-, je suis d'avis de dire les deux! ET preserver son identité notamment culturelle ce qui fonde l'esprit de communauté dont chaque etre a besoin, ET s'ouvrir sur le monde et apprendre des autres cultures (comme tu fais au travers de tes voyages estelle). l'echange économique apprend la difference et le respect mais pourquoi devoir ainsi penser au renoncement de sa culture? (moi aussi j aime le fromage qui pue de la gueule!!!)(mais les pizzas aussi!!!)
l'uniformisation, c'est la mort psychique, l'enjeu, c'est le dilemme par le decouverte de l'Autre... c est se poser des questions vouloir de nouvelles choses certes mais pas "renier son cul pour un pet" (clin d'oeil pour toi estelle)
encore une fois je suis entre les deux; je joue sur la frontière...