Je suis amere.Je suis amere et decue.
Je suis amere, tres decue et un peu triste.
Mais comme j'ai horreur de m'enerver, je ne vous accablerai pas de reproches inutiles et je tirerai directement les conclusions :
J'ai echoue a faire de ce blog l'interface que je voulais qu'il soit, le lien lance de bord a bord, d'un continent a l'autre.
Je n'ai pas su vous donner l'envie de reagir, de commenter, d'anecdoter mes articles.
Je suis lasse d'ouvrir chaque jour mon blog avec l'excitation d'une ecoliere pour realiser que je suis la seule excitee par la possibilite d'une communication virtuelle (Apres tout, c'est moi qui pars, vous ne me devez pas de comptes).
Je ne suis pas assez egocentrique pour monologuer seule dans le noir, devant une foule de fantomes silencieux (c'est commode l'espace virtuel et sa confidentialite!?) et pas assez narcissique pour m'autosatisfaire de ma prose. Quand bien meme ce serait le cas, je tiendrais un journal intime au lieu de prendre la peine d'etaler mes etats d'ame sur le net pour d'hypothetique lecteurs.
Alors, apres une petite nuit de doutes et d'insomnie, je declare officiellement ce blog clot.
Pour ceux qui voudraient de mes nouvelles, on reviendra aux traditionnels signaux de fumee.
Et pour vous prouver que je ne vous en veux pas trop quand meme, je vous offre en cloture ce superbe poeme de Robert Desnos - Dans bien longtemps (1930) :
Dans bien longtemps, je suis passé par le château des feuilles
Elles jaunissaient lentement dans la mousse
Et loin, les coquillages s'accrochaient désespérément aux rochers de la mer
Ton souvenir ou plutôt ta tendre présence, était à la même place
Présence transparente et la mienne
Rien n'avait changé mais tout avait vieilli en même temps que mes tempes et mes yeux
N'aimez-vous pas ce lieu commun? laissez-moi, laissez moi, c'est si rare cette ironique satisfaction
Tout avait vieilli sauf ta présence
Dans bien longtemps, je suis passé par la marée du jour solitaire
Les flots étaient toujours illusoires
La carcasse du navire naufragé que tu connais - tu te rappelles cette nuit de tempête et de baisers? était-ce un navire naufragé ou un délicat chapeau de femme roulé par le vent et la pluie du printemps - était à la même place
Et puis foutaise larirette dansons parmi les prunelliers!
Les apéritifs avaient changé de nom et de couleur
Les arcs-en-ciel qui servent de cadre aux glaces
Dans bien longtemps, tu m'as aimé.



