vendredi 28 septembre 2007

Des cailloux et du sable

Pas touche terre depuis 4 semaines, on dirait que l'espace-temps a pris une autre dimension specialement pour moi ce dernier mois entre mes deux jobs, la preparation (hative) de mon depart et les derniers verres-balades-soirees-repas de depart qui s'enchainent depuis trois semaines. Mon agenda a pris des allures de vase philosophal, celui qui a l'air deja plein de cailloux mais dans lequel on peut toujours rajouter un peu de sable.

Je profite donc d'un instant de repit avant un gros restau organise par mes rayons de soleil de la savonnerie pour vous relater en mots et en images quelques moments forts de ces dernieres semaines :


Ca commence par une grosse soiree Hawaienne a Cronulla (soit la banlieue sud la plus eloignee de Sydney) pour la dependaison de cremaillere d'Antoine. Soiree trop courte a mon gout pour cause de boulot matinal le lendemain mais ambiance crescendo jusqu'au depart.

Ca continue par de superbes rando dans le Royal National Park, a l'extreme sud de Sydney avec mes amis Louise et Josh d'abord, a travers une vegetation luxuriante pour deboucher sur une plage deserte ou nous avons pique-nique et fait trempette - ultra-rapidement parce que eau a 15 degres - pour celebrer l'arrivee du printemps.



Puis quelques jours plus tard, meme Park, autre sentier, avec Janine cette fois, sous une pluie torrentielle pour une rando-trempee et sportive de 5h a travers le bush a vegetation rase jusqu'a une piscine naturelle avec ruisseau et chutes d'eau dignes d'une carte postale. Au passage, j'ai vu mon premier kangourou, un petit tout noir qui s'est enfui a notre approche. Pas de photos a l'appui pour cause de pluie incessante. Rando memorable pour le temps plutot insolite et pour nos petites peripeties orientationnelles : Apres avoir perdu notre sentier noye sous un ruisseau fraichement forme, nous nous sommes fraye un chemin le long d'une voie ferree avant d'escalader les clotures et de longer l'autoroute sur 5 kms. Sportif!


S'ensuit un week-end magistral orchestre par Louise Josh, encore, qui nous ont concocte un cocktail ludico-sportif avec nuit a l'auberge de jeunesse et depart matinal pour une balade de 7h dans un des plus grand parc national d'Australie - les Blue Mountains - qui tire son nom des gazs bleutes que degagent les forets d'eucalyptus en ete et qui donnent aux montagnes une coloration virtuellement bleue.

Les Blue Mountains, ou du moins la partie que j'en ai vu, font penser au Grand Canyon americain version boise avec des failles geologiques gigantesques qui ont cree des falaises spectaculaires de plusieurs dizaines de kilometres de long et des forets d'eucalpytus qui camouflent tout ca.

La rando que nous avons fait s'appelle The ruined castle walk parce que, vu de loin, l'eperon que nous avons escalade ressemble aux ruines d'un chateau medieval.

Les photos en disent plus long, je vous laisse admirer.


Depart de la rando avec Lance, Louise, myself, Diane, Josh et Chris. Jo prend la photo.





Petit cailloux.



Moi, le vertige!? Trop pas! Je surmonte et je monte!






Petite pause zen au sommet de l'eperon pour Chris - joueur - qui est prof de yoga.



Enfin, ca finit par un week-end sur la Central Coast, a 150kms au nord de Sydney, a l'invitation de mes amies Sarah et Elisia, accessoirement aussi collegues de travail, qui m'ont fait visiter leur region natale avec un plaisir et une bonne humeur communicative.


Samedi soir, soiree papotage et nuit chez Sarah et son copain Mitch dans leur maison coloree, digne croisement entre Amelie Poulain et Alice au pays des merveilles.



Dimanche matin, breakfast copieux au soleil et entre nanas avec Brookie, notre ancienne manager qui nous a rejoint pour le ptit dej'.



Puis promenades en bord de mer du cote de Woy Woy.

Cet organisme interessant est appele blue bottle et se revele toxique au toucher si l'on entre en contact avec la membrane bleutee.


Creme glacee a The Entrance pour regarder un show hebdomadaire sur la jetee ou des pelicans enormes se rassemblent chaque dimanche pour se faire nourrir.

Elisia et Sarah



Fin de journee au soleil couchant et au vin blanc sur une minuscule baie de Central Coast.



Le bonheur me va si bien.

samedi 1 septembre 2007

Du jasmin, de la poesie et des cow-boys

Fleurs de jasmin

Avec un peu d’avance sur le calendrier saisonnier, c’est aujourd’hui officiellement le premier jour du printemps australien. Dans mon vocabulaire d’europeenne, j’appelerais ca un ete bien installe avec 25 degres de moyenne ces derniers jours, les australiennes en tongues-debardeurs et l’air conditionne qui fait son grand retour dans les lieux publics. Pour les autochtones, c’est un debut timide qui me fait presager de grands moments d’hebetude sous la chaleur estivale.
Avec le printemps, reviennent aussi les fleurs et les petites bestioles. J’ai ainsi decouvert hier la subtilite enivrante du jasmin qui fleurit un peu partout sur les clotures et qui me rappelle la glycine de mon enfance ; puis, mes collegues m’ont mise en garde contre les attaques de pies qui nidifient en ce moment et qui agressent violemment tout ce qui s’approche un peu trop pres a leur gout. Hitchcock est sans doute passe par ici avant de tourner ses fameux ‘Oiseaux’ puisque le phenomene prend des allures de film d’horreur : les demoiselles, apparement beaucoup plus hargneuses que leurs cousines du vieux monde, blessent chaque annee des promeneurs et contraignent la population australienne a porter pendant toute la duree de leur couvee un couvre-chef salutaire en cas d’attaque. Je commence donc a porter la casquette des demain pour une marche dans le bush avec Louise et Josh et je vous donne tres bientot des nouvelles des agresseurs volants.

Cette semaine, je suis encore allee trainer du cote de l’Opera, qui est en passe de devenir ma deuxieme maison, pour le clown-mime-show du francais Julien Cottereau.
Certains spectacles ont des allures de petits bonheurs celestes. Imagine-toi en fait dignement partie. Pendant une heure et demie, aucun dialogue, que du visuel, un langage musical qui expose a la fois la mecanique physique du monde et son absurdite et un concentre d'innocence intemporelle matine d'une brise de non-sens fortement jubilatoire. Du tres grand mime donc entre Chaplin, Harpo Marx et d'autres inoubliables betes humaines qui seules savaient combien le rire reste le resultat d'une alchimie dont la formule magique est un secret rarissime.
Apres tant de poesie, on redescend doucement, tres doucement, vers la poesie beaucoup plus discutable du quotidien. Une fois les effets euphorisants dissipes, on se sent un peu baudruche et on prierait bien pour qu’il y ait un peu plus de Julien Cottereau dans le monde et un peu moins de G.W.Bush, comme celui qui vient nous rendre une petite visite de courtoisie la semaine prochaine avec ses 7 autres potes les plus puissants du monde pour decider des prochaines actions a mettre en place pour sauver le monde.
Mais ceci est une autre histoire.
Il est trop tard pour que je m’enerve.